2015-2016, être dans le vent…

Une année de moins en plus et une année de plus en moins, l’occasion d’une entame qui ne veut rien dire, et le temps traditionnel pour faire le point, s’il doit y avoir un moment privilégié pour cela. Le point sur le passé et l’avenir. Le passé est riche, très riche, d’une année 2015 pleine de nouveautés pour nous. Nouveautés sur les étals, évidemment, mais pas uniquement, car les moments passés, les gens rencontrés, les expériences vécues, les évènements subis et les observations de notre petit monde nous amènent forcément à des réflexions, à des envies de faire mieux. Assurément à l’envie de faire du sens, toujours. On va tenter de faire en sorte que la cohérence et la pertinence soient de mise plus que jamais ! Et c’est ce que nous allons tenter de vous décrire ici, d’autant que c’est tout ceci qui nous amène à ouvrir sur le futur…

Des pommes aux pommes, en passant par les oiseaux, la forêt, les abeilles, la glace et le ciel…

Trois gammes sont développées au sein de notre petite maison d’édition, chacune avec un format de boite et un prix public toujours identiques, ainsi qu’un type de jeux et une famille de thèmes propres. Pour comprendre ce que l’on fait, il est bon de revenir aux sources, et tout a commencé avec le développement de Pom Pom, notre premier jeu, et premier jeu de la gamme Nature. Ce jeu est né de mon rapprochement d’une structure lyonnaise qui se lançait, une sorte d’Amap, du joli nom de Croc Ethic. Cette rencontre m’a mis en lien étroit et passionnant avec des paysans du coin, des passionnés, qui ont fait murir dans leurs champs des fruits et dans ma tête ce premier jeu… L’occasion aussi de définir ce que nous voulions faire, ce que nous voulions que le joueur ait devant lui… Et un développement avec l’aide curieux et enthousiaste des producteurs du cru !

L’idée de cette gamme est que les jeux ne soient pas « éducatifs » mais qu’ils soient avant tout des jeux, c’est-à-dire pourvus d’un intérêt ludique majeur et d’un mécanisme servant le thème développé. Il fallait de plus qu’ils soient destinés aux adultes et jouables par des enfants. L’axiome voulant qu’on apprenne mieux en jouant est juste, encore faut-il réellement s’amuser en jouant. S’amuse-t-on souvent, et vraiment, autour d’un jeu dont le but premier est de nous faire apprendre des choses ? Ainsi, au-delà de l’évidence, un jeu se doit d’être un jeu, et si le joueur est acteur de ce qu’il se passe, s’il est profondément immergé dans le thème, grâce à des mécanismes lui proposant des choix, des possibilités, des frustrations, du fun, et de nombreuses interactions avec les autres joueurs, alors sans doute il ressortira de cette expérience ludique en ayant acquis des connaissances qu’il n’avait même pas cherché à savoir, accompagné en plus par une sensation de plaisir de jeu le motivant pour renouveler une partie. Alors la mission aura été réussie !

Pom Pom

Ce sont sur ces postulats de départ que sont nés les Jeux Opla et cette collection de jeux Nature/Environnement/Science !

La collection de jeux Nature

La réalisation de chaque jeu débute par une profonde recherche bibliographique appuyée par des scientifiques, chercheurs, naturalistes, écologues, experts de chacun de domaines traités. Ainsi tous les éléments, visuels ou conceptuels, avec lesquels nous jouons, sans que le joueur ne s’en rende compte, sont de vrais paramètres naturels. C’est pourquoi des partenariats solides, intimes et durables ont été tissés avec des structures telles que la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), présidée par Allain Bougrain-Dubourg, Wild-Touch, l’ONG de Luc Jacquet (réalisateur de La Marche de l’Empereur, Il était une Forêt et La Glace et le Ciel), La Salamandre (la revue des curieux de nature), Arthropologia… C’est ainsi que chaque jeu est accompagné d’un livret plein de renseignements sur le thème développé, rédigé sous contrôle d’experts écologues, naturalistes et chercheurs.

Le livret scientifique accompagnant le jeu Pollen

Tout ça pour nous amener à deux jeux parus en février et novembre 2015 dans cette collection : respectivement Pollen et La Glace et le Ciel.

Voilà longtemps que nous voulions développer dans cette gamme un jeu traitant des abeilles sauvages, et le petit jeu tactique que nous a proposé le très pote Alexandre Droit (Aquatika, Dawak, Ring’s Up…), et que nous avons développé en partenariat avec La Salamandre (quelle belle coïncidence, le jeu est paru en février, exactement quand La Salamandre sortait un numéro spécial sur le Bourdon et les pollinisateurs sauvages) et Arthropologia. La parution de ce jeu a été l’occasion de naviguer dans ce monde des insectes, notamment avec Arthropologia et son directeur l’éminent naturaliste Hugues Mouret, ainsi que Frederic Vighens, qui nous ont ouvert les portes de l’écocentre du Lyonnais pour des rencontres entomologiques ! L’illustrateur David Boniffacy a parfaitement rempli son office en mettant joliment ce jeu en forme, en obéissant aux réalités naturalistes. Et j’ai rédigé, avec l’aide des spécialistes des pollinisateurs sauvages Hugues Mouret et Christophe Praz (Université de Neuchâtel), la partie Science du livret avec un très grand plaisir. Ce moment de recherche bibliographique est toujours pour moi tout aussi chronophage que plaisirogène, sans doute des réminiscences de mon passif de chercheur !

Alexandre Droit, auteur de Pollen, découvre le BAT de son jeu

Quant au jeu lui-même, quand Alexandre me l’avait montré dans sa version originale, il m’avait tout de suite parlé et séduit. D’ailleurs très peu de modifications mécaniques ont été apportées ensuite. Il vous permettra de vous affronter en face à face avec des règles très simples et une bonne grosse sacoche remplie de calculs, de bluff et de fourberies… Pour le découvrir le mieux est de se plonger dans cette TTTV :

Nous avons également réalisé une exposition librement récupérable autour de la réalisation du jeu. Pour la recevoir en planches A3 HD, il suffit de nous envoyer un petit mail à contact@jeux-opla.fr.

Une des planches de l’expo Pollen

Puis la fin de l’année a vu la parution de La Glace et le Ciel, un jeu sur lequel nous travaillons depuis plus de deux ans.

La Glace et le Ciel

Il est disponible depuis le 21 octobre 2015, date à laquelle est sorti au cinéma le film éponyme de Luc Jacquet. En effet, le jeu s’intègre dans un vaste méta-projet dont l’évènement majeur est une grande aventure cinématographique et multimédia dans les pas de Claude Lorius, visionnaire du climat. Pour vous donner une idée, voilà la bande-annonce du film :

Des pionniers de la glaciologie à ceux qui réinventent notre monde, l’ONG Wild-Touch et le réalisateur Luc Jacquet (La Marche de l’Empereur, Le Renard et l’Enfant, Il était une forêt) connectent les innovateurs d’hier et d’aujourd’hui. Le rendez-vous est donné avec ce< jeu, le film long-métrage de cinéma projeté en clôture du Festival du Cinéma de Cannes 2015, un documentaire de télévision (L’Ère de l’Homme), un programme pédagogique, un laboratoire d’innovation et une grande expédition en Antarctique. Pour découvrir tout ça au mieux, et particulièrement l’intégration de notre jeu dans ce projet,  je vous conseille de visionner cette discussion :

C’est ma deuxième collaboration avec Luc Jacquet, car les Jeux Opla avaient réalisé en 2013 le jeu adapté de son précédent film de cinéma Il était Une forêt. Alors que le botaniste spécialiste mondial de la forêt tropicale, Francis Hallé, avait participé au choix des éléments visibles dans le jeu, c’est ici du livre de Claude Lorius Voyage dans l’Anthropocène que provient toute la substance de ce nouveau jeu.

Le livre Voyage dans l’Anthropocène de Claude Lorius

Ainsi, La Glace et le Ciel est un vrai jeu coopératif dépourvu de hasard, où les joueurs dépendront littéralement les uns des autres et où aucun leader ne pourra émerger. Trois générations vont se succéder durant lesquelles nous allons faire évoluer les équilibres entre atmosphère, lithosphère, hydrosphère et biosphère, et observer l’évolution de notre score au travers de l’état de la glace et du ciel où se dessinera la courbe de gaz à effets de serre. Les notions de complémentarité, de déduction et surtout de pensée à long terme sont les maîtres-mots de ce jeu.

De très jolis retours critiques ont accompagné la sortie du jeu, ce qui fait plus que réconforter ! Je me souviens particulièrement la première et très belle chronique de notre Alchimiste favori Monsieur Tapimoket… Et pour découvrir le jeu, le mieux est de regarder cette vidéo :

Ce genre de projet nous amène également à organiser des évènements particuliers tels que des ciné-jeux : la projection du film suivie d’un échange avec le public et de séances de jeux dans les coulisses du cinéma !

Ciné-jeux à Ussel

Enfin, nous avons proposé une exposition gratuitement téléchargeable en planches A3 HD autour de l’aspect scientifique relatif aux éléments que l’on trouve dans le jeu La Glace et le Ciel. Cette expo est en fait constituée du livret scientifique accompagnant le jeu. pour l’obtenir il vous suffit de la télécharger en cliquant sur l’image ci-dessous (une fois sur la page de l’expo, télécharger là pour l’obtenir en HD), ou bien en nous envoyant un petit mail gentil… Dans tous les cas, on sera heureux que vous nous préveniez que vous l’utilisez !

L’expo La Glace et le Ciel

Et dans le méta-projet La Glace et le Ciel coordonné par Wild-Touch, un fab-lab a ouvert à Paris sous l’impulsion de Luc Jacquet, porté par un ensemble d’acteurs convaincus que la création artistique, sa force émotionnelle et son langage universel, constituent un formidable vecteur pour sensibiliser chacun à la préservation de l’environnement. Au sein de ce lieu de créativité situé au cœur de Paris, des professionnels de l’image, des experts scientifiques, des pédagogues, des artistes émergents et un petit auteur de jeux que vous connaissez bien partagent leurs expériences avec un public bénévole dans une démarche de création collaborative. Ces personnalités se mobilisent pour réaliser des projets créatifs et éclairants sur le fonctionnement de notre planète et les enjeux de sa préservation. Les participants, par la diversité de leurs expériences, apportent des compétences complémentaires et différents points de vue sur les thèmes abordés. L’émotion et les connaissances apportées par tous constituent un véritable plaidoyer à la mobilisation; en outre, ils questionnent la place de chacun dans son environnement et sa relation avec la Nature.

La conférence de Mika Mered sur l’Arctique précédent le premier atelier du fablab pour la création du jeu pédagogique.

Notre participation au sein de ce lab a permis l’élaboration d’un jeu destiné aux enseignants qui souhaiteraient animer une séance avec leurs élèves de primaire. Il s’agira de découvrir la biodiversité de l’Arctique face aux changements climatiques. Et tout ce travail parallèle et bénévole nous a permis de passer du temps à phosphorer avec une équipe géniale formée par les coordinateurs du lab, avec des illustratrices, graphistes, chercheurs. Je pense en particulier à une soirée sous forme de conférence-atelier avec Rémi Marion, réalisateur spécialiste de l’ours polaire, et Mika Mered, géopoliticien expert de la zone Arctique. Tout sera en ligne gratuitement téléchargeable et clés en mains dans les semaines ou mois qui viennent… On se fadera probablement d’un petit article pour annoncer ça ! Un grand merci évidemment aux coordinatrice de ce truc que sont les charmantes Audrey et Anne-Claire !

Premier atelier de la création du jeu sur l’Arctique.

Parmi les nombreuses actions tournant autour de ce méta-projet, une expédition en Antarctique a eu lieu en novembre et décembre avec des preneurs d’images de renom tels que Laurent Ballesta, Jérôme Bouvier, Vincent Munier et évidemment Luc Jacquet. Le site internet www.wild-touch.org proposait quotidiennement des photos et vidéos réalisées le jour-même en Antarctique par les artistes. Leurs sublimes photographies du continent blanc ont constitué une exposition hors-normes, en direct pendant la COP21, projetée sur la Tour des Temps de la Bibliothèque Nationale de France François-Mitterrand. Et via Twitter tout un chacun pouvait participer et se voir associé à une photographie projetée ! On ne s’est évidemment pas privé…

Les Jeux Opla ont rejoint la colonie sur la BNF !

Ce projet fut, comme cela avait été le cas pour Il était Une forêt, réellement enrichissant pour nous. Pouvoir travailler intimement avec ces gens, avec Luc Jacquet et ses équipes, est au-delà de la réalisation de nos jeux une satisfaction personnelle, tant les choses sont faites avec sens et pertinence. Notre envie est de transmettre des messages via le support privilégié qu’est le jeu dit moderne, le sien est de le faire via le cinéma, la photographie, l’art visuel en général. On se retrouve complètement dans nos démarches avec nos médias à chacun. C’est pourquoi sans doute le partenariat va bien plus loin qu’un simple contrat signé.

La même chose se produit avec La Salamandre et l’équipe de Julien Perrot, avec qui nous partageons cette passion de la Nature, de la Science, que nous essayons au mieux de communiquer au plus grand nombre avec nos vecteurs favoris que sont le jeu, l’écrit, l’image.

Et ça procure des petits moments assez émouvants… Je n’en menait pas large quand j’ai présenté le jeu La Glace et le Ciel à Claude Lorius, toute l’essence du jeu étant basé sur son livre…

Ça m’amène à vous parler d’un autre point majeur, car tous les jeux de cette gamme sont illustrés et mis en forme par la même personne, David Bonniffacy, car il partage également cette passion et cet engagement, et donc nous nous comprenons naturellement pour que la version finale porte à chaque fois au mieux bien entendu l’ergonomie du jeu, mais aussi les concepts et éléments visuels qui y figurent. Il a été particulièrement long de trouver une telle cohérence dans le travail autour de La Glace et le Ciel, tant le jeu, bien que contenant seulement 66 cartes, est pourvu de multiples paramètres. Parvenir à un jeu très lisible au gameplay évident fut un travail avec de nombreux rebondissements !

Du proto original à la version finale, l’évolution d’une carte de La Glace et le Ciel…

Un travail d’ergonomie qui de plus doit porter des illustrations « justes » validées à chaque étape par nos petits experts. Je me souviens particulièrement les photos reçues montrant la disposition des nervures des ailes des bourdons de Pollen, ainsi que les différents angles d’inclinaison des antennes… Pareil pour la construction de la trame de la forêt pour Il était une forêt, avec un Francis Hallé très pointilleux, car quand on parle des arbres, on ne plaisante pas ! « Florent, ta canopée ressemble à un terrain de foot, ce n’est pas si homogène, des arbres meurent, d’autres ont une couronne très touffu, tout ça doit vivre ! ».

Evolution des illustrations de Il était une forêt, à partir (à gauche) de dessins de Francis Hallé jusqu’à (à droite) la version finale !

Bref, c’est ainsi naturellement que David illustrera aussi la prochaine version de notre petit Pom Pom !

Allez, qui avait décelé la présence subliminale de Pom Pom sur la couverture de Migrato ?

Et en décembre, après de nombreux mois de rupture, notre jeu Migrato était de nouveau disponible en boutique ! Et cette nouvelle s’accompagnait de la parution sur Happy Meeple de la version en ligne du jeu ! La plate-forme menée par Nicolas Guibert a réalisé un excellent travail et le résultat est réjouissant. De plus, on a la chance de pouvoir jouer avec les vrais sons et bruits d’ailes des vrais oiseaux avec lesquels on joue ! Un petit caprice qui a été réalisable grâce à une rencontre lors d’un petit-déjeuner en Suisse pendant le festival Salamandre avec un certain Boris Jollivet, preneur de son professionnel nature, que nous remercions vivement…

Migrato jouable en ligne sur Happy Meeple !

Alors que nous effectuons des recherches pour vous proposer de nouveaux thèmes dans cette collection, le prochain jeu qui sera publié en 2016 sera… Notre premier jeu, Pom Pom ! En rupture depuis maintenant un an, Pom Pom va revenir cette année avec un nouveau design, tout frais tout beau ! Alors nous vous en reparlerons très vite… Et en attendant, vous pouvez découvrir la première version du jeu dans ces – vieilles – TTTV :


Du far-west aux mutants, en passant par les écureuils…

En 2014 nous avions édité le jeu Lincoln, adapté de la série de bandes dessinées éponyme, et réalisé avec le scénariste, le dessinateur et la coloriste que sont messieurs Olivier et Jérôme Jouvray et madame Anne-Claire Jouvray. L’idée de cette nouvelle gamme, de petit format, est de proposer des jeux expliqués très rapidement et aux parties très courtes. Et avec un univers de bd et un livret de règles racontant une histoire… Évidemment il est toujours de près ou de loin question de nature, c’est pourquoi nous avions scénarisé avec Olivier Jouvray un Lincoln qui se mettait au vert. Avec notre distributeur belge, nous préparons actuellement un petit concours destiné aux Bruxellois ou bien aux visiteurs de passage dans la capitale belge, qui possède un superbe mur Lincoln que j’ai découvert cette année ! On vous en dit plus dans quelques temps !

Le mur Lincoln de Bruxelles

Ce jeu ouvrait la collection qui s’est complétée en juin 2015 par un second jeu : Le Bois des Couadsous.

Il s’agit d’un jeu de Blaise Muller (à qui l’on doit Quarto, quand même) que nous avions découvert il y a trois ans lors du Festival Chamboultou et pour lequel nous avions eu un coup de cœur général comme cela arrive rarement…

De gauche à droit : l’auteur du Bois des Couadsous Blaise Muller, l’éditeur Florent Toscano et l’illustrateur Jonathan Munoz.

Pour respecter la gamme c’est un talentueux dessinateur de bd, Jonathan Munoz, qui a dessiné nos chers Couadsous. Et ces petits écureuils ont chamboulé la tête de très nombreux joueurs ! Le Bois des Couadsous est un petit jeu de mémoire complètement bluffant d’évidence et de simplicité apparente. Expliqué en 30 secondes, il est très retord et surprenant ! Toute l’histoire du jeu, avec les carnets de développement de l’auteur et de l’éditeur, a déjà été été publiée.

Le Bois des Couadsous

Et encore une fois, pour en savoir plus, le mieux est de regarder la TTTV :

A noter qu’une version géante du jeu est disponible pour les ludothèques, boutiques, assoces, bars à jeux ou même particuliers… Bref, pour tous, quoi ! Si vous êtes intéressés, un petit mail pour en savoir plus à contact@jeux-opla.fr.

La version surdimensionnée du jeu Le Bois des Couadsous

Et en ce qui concerne l’avenir, nous travaillons actuellement avec Alexandre Droit (le monsieur Pollen) et un certain GG à l’adaptation en jeu d’une autre série de bandes dessinées pourvue d’un univers très particulier, à la fois trash et drôle, extrêmement riche, et au parti pris graphique audacieux…

Voi-là ! Maintenant vous n’avez plus qu’à attendre pour en savoir plus !

Des billes aux j’tons en passant par les puces…

Une troisième et dernière gamme avait fait son entrée dans notre catalogue avec Hop la bille fin 2013. Un jeu au format très particulier, mêlant stratégie et habileté, qui est en réalité né d’un caprice de ma part, car « c’est génial mais invendable », « j’adore mais tu ne peux pas éditer ça… ». Chiche ! J’aimais tellement ces billes (les dernières billes en terre fabriquées en Europe, dans mon Limousin, en plus, par le copain Yves Renou, en plus, qui se trouve être également notre distributeur ! On avait alors imaginé un décorum particulier et adapté en reproduisant sur la boite un vrai décor de la vraie vie, à savoir la cour d’école du village de Chaveroche, en Corrèze, qui était l’école de ma grand-mère ! Elle était l’instit’ du village dans les années 50-60… Petit clin d’œil hommage, donc… D’ailleurs pour la sortie de Hop la bille nous avions organisé une petite fête à cet endroit, que vous pouvez découvrir sur la vidéo ici… Et il paraît que notre team et le village sont motivés pour remettre ça en 2016… A suivre, donc !

Hop la bille avec l’auteur Florent Toscano (casquette noire) et l’ullustrateur Tony Rochon (casquette grise).

Puis est arrivée fin 2014 Hop la puce, avec du matériel tout fabriqué par une tournerie du Jura. Les deux illustrés par Tony Rochon forment un dyptique qui représente le vrai village de Chaveroche ! On a été évidemment sur les lieux avec Tony pour photographier un 360° (et c’est vachement chaud) du lieu afin d’anticiper…

D’ailleurs depuis 2015 on propose à toute structure qui le souhaite (boutique, clubs, asso…) de leur réaliser une affiche perso avec le joli dessin de Tony Rochon ! Pour cela, c’est facile, un petit mail gentil à contact@jeux-opla.fr avec votre logo en HD, et vous recevrez le pdf de votre affiche rien qu’à vous !

La boutique Archichouette de Lyon découvre son affiche perso et l’encadre aussitôt !

Et alors qu’aucun jeu de cette gamme n’est sorti en 2015, il paraît qu’en 2016 va arriver le troisième, qui complètera le dessin et nous plongera dans nos souvenirs de fêtes foraines, puisque le jeu reprend le principe des machines à sous… Nom de code en cours de changement : Ton J’ton Tombe. Il s’agit d’un petit jeu extrêmement simple basé sur le principe des jeux de fêtes foraines, vous savez, qui ressemblent à des machines à sous, dans lesquels on glisse dans une fente un jeton qui tombe, et qui est poussé par un bras, pour que (ça, c’est ce qu’on espère) plein de jetons tombent avec éventuellement des points ! Là, c’est pareil, la boite servira de terrain de jeu, et on devra poser judicieusement et le bon nombre nos jetons pour faire tomber de la boite ceux qui rapportent des points ! Sauf que ça se passe rarement comme dans nos plans…

On vous en dit vite plus !

Cop21 : Deux degrés Celsius ?

2015 restera une année ancrée dans les esprits de la pire façon qui puisse être, alors qu’elle était destinée à l’être de la meilleure des façons. En fin d’année c’est en effet tenu la vingt-et-unième Conférence des Parties de l’ONU, à Paris. Attendue et préparée depuis très longtemps par tous, et particulièrement par les associations et ONG investies et impliquées. Parmi celles-ci, le Fonds de Dotation pour la Biodiversité a fait appel à nous pour développer un jeu dont l’objet est de faire comprendre la convergence des enjeux Climat et Biodiversité.

A usage familial, amical, scolaire, en clubs et associations, ou encore dans un cadre de sensibilisation que souhaiteraient développer les entreprises au profit de leurs personnels et de leurs clients, ce jeu a pour ambition de transmettre des exemples simples de gestes écocitoyens quotidiens pour limiter notre impact environnemental, montrer les conséquences sur l’augmentation de la température globale au cours du prochain siècle, faire le lien et expliquer les effets sur la biodiversité. Ensemble, les joueurs devront accomplir les petits gestes du quotidien, dans 4 catégories (« Chez soi », « Consommation », « Au travail », « Transports et loisirs ») et au cours de 3 époques successives, pour que d’ici 2100, la température globale n’augmente pas de plus de 2°C, objectif fixé par la COP 21.

Cette initiative, réalisé en partenariat avec le Museum National d’Histoires Naturelles et l’Ademe (Agence du Développement et de la Maîtrise de l’Energie) a obtenu le Label COP 21, décerné par le Comité de labellisation du Ministère de l’Ecologie du Développement Durable et de l’Énergie. Et de cela nous ne sommes pas peu fiers !

Pour en savoir un peu plus, le mieux est de se renseigner sur le site du Fonds de Dotation pour la Biodiversité, ce qui en plus vous permettra de connaître toutes leurs actions, et de découvrir le jeu en vidéo !

Sur commande !

Le jeu Deux Degrés Celsius m’amène à évoquer cette autre facette de notre activité, à savoir le développement de jeux sur mesure pour des structures, aussi diverses que des ONG, des administrations, des entreprises, des parcs animaliers ou de loisirs… Nous réalisons ainsi les jeux sur mesure pour le commanditaire, main dans la main avec lui, en marque blanche. Nous développons le concept, et/ou la fabrication. Des nouvelles demandes sont en cours, toujours avec la même démarche !

 

Une fabrication 100% made in France !

Proposer des jeux parlant d’environnement n’aurait aucun sens si on ne le respectait pas en les réalisant. C’est pourquoi nos jeux sont intégralement fabriqués en France ! Ainsi pas d’impact carbone démesuré du fait de transports abusifs et abusés à travers le globe. Ça permet également d’avoir un suivi de près de la fabrication de nos jeux et de se promener dans les usines et ateliers à ces moments. De plus, il est de notre point de vue plus pertinent de faire travailler des personnes qui sont les potentiels acheteurs de nos jeux.

De plus, tous les éléments des jeux sont réalisés de façon la plus respectueuse de l’environnement possible. C’est-à-dire avec des méthodes de fabrication et des matières premières les plus propres et responsables possibles. Nous attachons donc une importance particulière à ce que les imprimeurs certifient que le blanchiment des papiers se fait sans chlore ni dérivé, les encres sont d’origine végétale, et le bois qui a été nécessaire à la fabrication de certains éléments des jeux a été récolté dans des forêts dont les propriétaires se sont engagés à respecter les règles d’une gestion forestière durable. Tous sont donc certifiés Imprim’Vert avec des papiers FSC ou PEFC.

Les lieux où sont fabriqués les éléments du jeu La Glace et le Ciel.

Cette démarche est parfois (souvent ?) très limitante, et nous amène à designer les jeux en fonction des possibilités. Ainsi plusieurs fois des jeux prometteurs n’ont pas été développés du fait du matériel que nous ne pouvions assumer dans nos conditions. Et on réalise au final que cette limite fait du sens, car elle rend compte d’une réalité physique, naturelle, généralement oubliée dans nos modes de vie. Même dans les conditions que nous, Jeux Opla, nous sommes infligées, peut-être est-ce peu raisonnable de produire ce que nous produisons, mais très probablement est-ce la voie la plus cohérente. Du moins pour être le plus cohérent possible dans ce que nous faisons, et avec nous-même, ce qui est déjà crucial ! C’est ici le point qui serait sujet d’une très longue dissertation au milieu d’un texte qui s’avère déjà être plus que substantiel !

L’impression de la couverture de La Glace et le Ciel à Bourgoin-Jallieu

Et donc pas d’export ? Non, en effet. Puisque pour les raisons vues au-dessus on procède de cette façon, ce n’est pas pour à notre tour expédier nos jeux trop loin d’ici ! Sauf pour la périphérie très proche, comme la Belgique ou la Suisse. Pour des pays plus lointains, les jeux sont développés par un éditeur local qui les fabrique sur place ! Cette phase débute tout juste…

D’ailleurs, plus loin…

Et justement, cette année 2015, alors que nous sommes toujours présents sur plein de salons, festivals, tout au long de l’année, aura également été la première où nous avons présenté nos petits jeux au public international d’Essen en Allemagne. Notre dernier jeu La Glace et le Ciel y était même disponible en méga exclue, avec une version multilingue Ice and the Sky ! Ce fut un moment extrêmement rassurant et plaisant que de voir que des joueurs et professionnels d’autres pays, d’autres cultures, d’autres habitudes, se retrouvaient dans notre démarche et dans nos jeux. Des rencontres enrichissantes et durables et une ambiance hors-norme avec les copains sur place nous ont vite donné l’envie d’y revenir !

Ice and the Sky, la version multilingue de La Glace et le Ciel

On ne cale pas !

Les Jeux Opla habitent à Lyon, avec plein de copains auteurs de jeux avec lesquels nous avons créé il y a quelques années la Cal (Compagnie des z’Auteurs Lyonnais), avec à l’origine Alexandre Droit, Nicolas Bourgoin et moi-même. Le truc a joliment grandi et nous sommes désormais une petite trentaine d’auteurs à grossir les rangs du machin, ainsi que quatre éditeurs de la place lyonnaise que sont Jeux FK, Bankiiiz, Catch Up et Jeux Opla. Après avoir, fin 2014, créé le label Cal avec des stickers et une trentaine de boutiques partenaires qui nous soutiennent, nous avons été un peu plus loin fin 2015 en auto-finançant notre propre caltalogue ! C’est un catalogue qui ne présente que les jeux calistes, et qui a été superbement mis en forme par Jean-Marc Pernet, Alexandre Droit et Stéphane Escapa… On est très bien dans nos lyonnaiseries et l’émulation qu’on génère tous ensemble, avec les structures locales nombreuses, associations, boutiques, bars à jeux, médias, est tout à fait stimulante ! Merci donc à tous les calistes qui créent de si belles énergies, coucounées par plein de lieux et médias comme Ambiance et Jeux, La Triche, les Epinards, les Dragons Nains… Et toutes nos boutiques lyonnaises chéries !

Pour finir…

Ben je ne pensais pas que ce serait si long de résumer les choses ! Et nous n’avons pas parlé des projets en cours d’élaboration et à plus ou moins longue échéance…

Plus globalement et de circonstance, on vous souhaite une très jolie année 2016, introduisant d’excellentes années 2017, 2018 et toutes les suivantes ! On souhaite surtout des rencontres, pour tous, d’être ensemble, on souhaite que les gens se parlent et se respectent. On est heureux que le jeu permette ça.

Le samedi 14 novembre 2015, au matin, notre moral était bien profondément planqué sous le parquet. Et on devait aller à un festival, à St-Maurice l’Exil, exactement, en Isère. Le premier qu’organise la belle ludothèque du coin. Sans nouvelles, on se dit que le Festival est maintenu, alors qu’un peu partout les évènements du week-end s’annulent. On imprime vite fait une bricole en trois-quatre exemplaires et en route. Sur place, on se retrouve avec les copains, on s’installe, on boit des canons, on se marre, et le public arrive. Familial. Nombreux. Très nombreux ! Ça joue, ça rigole, ça échange, et surtout ça fait du bien ! Et le jeu, c’est ça. C’est un moment de plaisir ludique, et c’est (surtout ?) un moment partagé avec des copains, avec des gens qu’on ne connaît pas, avec l’oncle qu’on ne voit que le jour de Noël…

Pour notre part l’envie est vraiment, plus que jamais, de proposer des jeux qui apportent quelque chose au joueur, une émotion, un savoir, un plaisir, ou tout ça mélangé.

On sait très bien que les thématiques que l’on choisit de développer ne correspondent pas aux canons de la majorité de ce qu’on trouve dans le commerce. On a conscience qu’un jeu avec des abeilles, des arbres, des oiseaux, ne sera pour le joueur pas aussi sexy que ce à quoi il est habitué. Mais on ne souhaite pas forcément être dans le vent. Il y a quelques jours, j’ai entendu cette phrase de Gustave Thibon : « être dans le vent, une ambition de feuille morte ». Ainsi pour être vivant peut-être faut-il résonner à long terme, en écho à cette réponse faite sur un plateau de télévision dans les années 1980 par Claude Lorius à Jean-Marie Cavada : « vous êtes de ceux qui résonnez sur le court terme ». La suite lui a donné raison, trente ans plus tard…

Je termine là ce méli-mélopla assez instantané au final et très probablement imbuvable et illisible, qui a plus ou moins fait le tour de l’état des lieux des Jeux Opla. On vous souhaite de nouveau à tous une très belle année, et on vous encourage à venir nous voir pour une partie, pour découvrir, pour une bise, pour discuter, échanger, sur les nombreux festivals et salons auxquels on participe. Et pour être sûr de suivre notre actu quotidiennement, le mieux est de nous retrouver sur Facebook et Twitter !

Bref, voilà, naturellement, soyez heureux, jouez !

Florent.

2 Commentaires

  1. Belle rétrospective et beau bilan… je vous souhaite un avenir radieux !
    J’ai l’occasion de faire jouer et vendre (modestement certes) vos jeux. Que j’apprécie aussi par votre engagement… 😉

  2. belle rétrospective et beau bilan ! Je vous souhaite un avenir plein de réussite !
    j’ai l’occasion de faire jouer et vendre (modestement certes) vos jeux que j’apprécie d’autant plus par votre engagement et parti pris

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